Critique | «Wave» de Patrick Watson: La trajectoire des larmes

Wave, de Patrick Watson, c’est la trajectoire de l’eau: partant de la nappe phréatique, elle va jusque dans les nuages, et finit par jaillir de nos yeux.

Cet album sorti le 18 octobre dernier en est un où plane la mélancolie. Le chanteur et musicien montréalais y relate doucement la perte de ses repères, le fait d’affronter les changements et la quête d’une nouvelle identité. On y décerne une façon de faire la paix avec les éléments qui sont plus forts que nous, avec la vague qui nous submerge, quelle qu’elle soit.

Sur ses pièces mélancoliques et vaporeuses, comme Dream for Dreaming ou Turn off the Lights, Patrick Watson se fait photographe de vastes moments vides, où la vie se déroule lentement et en sépia, immortalisant des tons tragiques et tristes. On peut entendre une sorte de  «grain» foncé émanant des chansons, portant en elles de lourds souvenirs, un aspect d’anciennes photographies. L’artiste semble toutefois loin de ressasser des souvenirs, notamment sur Melody Noir, qui transforme les moments âpres en alchimie guérisseuse et presque sensuelle.

Et que dire de cette voix… Le falsetto de Patrick Watson est un couteau affûté qui casse les glaces internes. À écouter sans relâche.


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