Hier, sans trop savoir pourquoi, j’ai senti les Katacombes m’appeler. D’où venait cette étrange intuition que je devais m’y rendre en plein milieu de la journée, alors que je n’avais rien de particulier à y faire? Je ressentais l’urgence irrépressible d’y aller, contre toute logique.

Après quelques secondes devant le sombre bâtiment, j’ai tout compris. Déjà exactement trois mois que mon groupe de musique était mort. J’ai contemplé la porte arrière de la salle, emplie d’une certaine nostalgie, mais aussi d’une certitude quant à ma décision.

Follow me to the place to be
On the back porch with the symphony
One, two, three, aight y’all let’s go,
Follow me, follow me

Hey, it’s a party on the back porch
I’ma take you through the back door, whoa

Back Porch – Limp Bizkit 

Cette porte fut un peu le pont entre le monde de la musique et moi. En la franchissant maintes fois, les bras chargés d’instruments, le dos voûté sous le poids de la musique lourde, je m’apprêtais à partager le feu qui m’animait. Les Katacombes ont accueilli mes créations, que ce soit avec Aenygmist ou Smirking Revenge, pendant plus d’une dizaine d’années. La métropole m’a ouvert grand ses bras, à travers ce lieu mythique de la contre-culture, où j’ai entre autres fait deux spectacles importants avec Smirking Revenge: le premier en 2014, et le dernier en 2017.

On peut dire que la boucle est bouclée… Que le cercle est fermé sur lui-même. Le cycle naturel des choses revient.

Katacombes2

J’ai fixé encore un peu l’endroit, non sans émotions, en le remerciant de tout coeur d’avoir été cet exutoire précieux. Mais je suis rapidement repartie, voulant me concentrer sur le futur, mais surtout sur le présent.

D’ailleurs, comble du «hasard», Wes Borland était venu me visiter dans mes rêves la nuit d’avant! Dans une grande pièce sombre mais chaleureuse, il m’a dicté les prochaines étapes de ma vie. Mais pourquoi lui?! Ça doit être parce que cet homme particulier a été un mentor quasi spirituel pour moi, au fil des ans. Je suis sa carrière depuis Nookie de Limp Bizkit, sortie en 1999. Bref, Wes, mon «grand ami» 👀, m’a donc conseillé de rejouer un peu de guitare, que cela me ferait du bien. Sans penser à fonder de nouveau groupe… Juste jouer pour le fun.

Et un magnifique sentiment rouge foncé s’est déployé, comme mille roses magnifiques. 

Dans ce rêve singulier, je jouais cette chanson:

Suivant ces conseils provenant du monde éthéré, je suis donc allée dans un magasin de musique. J’y ai flâné un peu, avant d’arrêter mon choix sur une superbe Godin acoustique, couleur ocre et orange brûlé.

Un autre façon symbolique de souligner ce trimestre.

Je devais avoir un peu l’air d’une débutante… J’ai laissé pousser mes ongles depuis, et ça me faisait rater des accords et faire des fausses notes. Presque comme si je n’avais jamais maîtrisé cet instrument. J’imagine que ça finir par se perdre, lorsqu’on ne pratique plus… Je ne sais pas. J’ai reposé la guitare, puis je suis partie écrire dans un café.

Comme une nomade ayant retrouvé sa véritable identité. Une femme en cavale ayant enfin trouvé son phare dans la nuit.

Parfois, la scène me manque, mais j’ai l’impression que je la retrouverai d’une autre façon, même si je ne sais pas encore comment. Peut-être que ça pourrait avoir rapport avec le théâtre? Ou avec de quelconques performances? Cette fascination me suit toujours… J’ai hâte de voir quelles surprises m’attendent. Beaucoup d’opportunités se dressent devant moi par rapport à l’écriture, et mon instinct me dit que cela se poursuivra longtemps.

Ma bonne étoile veille sur moi, et je lui fais confiance. Ben oui, c’est cliché comme ça. 😊

Inspiration du moment

“In order to not feel judged, judge less.”

Mon livre «Fragments Épars»

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