«Plus tard…»: Est-ce que vous perdez votre temps?

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Façade du bar Le Drugstore, à Montréal (Crédit photo: Roxane Labonté)

Ah! Toutes ces choses qu’on remet à plus tard… Elles finissent par s’empiler, comme un vieux tas de linge sale oublié entre deux obligations soi-disant plus urgentes.

Et si «plus tard» était en fait «jamais»? À travers nos priorités éparpillées, si on n’a pas le temps maintenant de faire cette chose importante qu’on remet toujours à plus tard, il est fort probable qu’on ne la fera jamais.

Pourquoi en est-il ainsi? C’est un symptôme du manque d’une ressource primordiale – le temps. Mais où vont donc toutes ces secondes qui s’égrènent, qui fuient de l’horloge, comme un dégât d’eau violent? Où vont toutes ces minutes happées par un invisible prédateur vorace?

Et ces heures, ces heures… Sont-elles réellement utilisées à bon escient? Ou sont-elles perdues dans un tourbillon de distractions inutiles? Est-ce que ces plaisirs immédiats menaceraient insidieusement nos priorités et nos passions réelles, voire même nos objectifs à long terme?

Encore plus important: peut-on réellement retrouver ce temps perdu?

Ici, dans nos très graves préoccupations nord-américaines, à travers nos gros problèmes de surconsommateurs, de clients et de propriétaires, on oublie pourtant que cette ressource précieuse fuit constamment.

On oublie la richesse de ces données invisibles essentielles. Elles sont tenues pour acquises, dans le cadre parfois trop bien réglementé de nos vies.

Le temps.

Le temps qui fuit.

Celui sur lequel on pense avoir le contrôle.

Vainement.

Constamment, il nous échappe.

Nous file entre les doigts.

Volatile. Volage. Éphémère.

Où est parti tout ce temps, englouti à notre insu? À travers toutes nos dispersions quasi blasphématoires, le binge-watching de séries, les heures infinies passées à travailler, toutes les minutes qu’on gruge à s’inquiéter pour des peccadilles… On finit par dire à tort et à travers, et à peu près à tout le monde, qu’on a «pas le temps». C’est devenu la meilleure des excuses, car tout le monde la comprend.

Soi-disant.

Le temps «libre», le vrai temps pour soi, est une denrée si rare qu’il faut la protéger presque farouchement. Bec et ongle. Le temps semble tellement manquer qu’on en vient à ressentir quelque chose de spécial lors d’annulations inopinées, ou de chockage de la part des autres… Ça devient comme un cadeau inespéré, déstabilisant, qui fait sourire.

Sommes-nous devenus avares, non plus désormais par rapport à l’argent, mais bien pour toutes ces heures, minutes et secondes? Nous sommes-nous transformés en disciples fanatiques du Dieu Chronos?

Esclaves de la montre…

Je nous somme de lever le nez de nos agendas.

De vivre pleinement et sans stress. Sans aucune idée du temps qui passe.

Sans rigidité mentale.

Respirons. Nous ne sommes que le temps qui passe.

Nous sommes les vagues magnifiques qui s’écrasent contre les rochers.

Nous nous trouvons dans l’impermanence. Le privilège de pouvoir goûter à la vraie vie nous rend éternels.

Le temps se prolonge, alors. Tout comme notre longévité.

Un moment s’incarne en nous.

Nous vivons.

Ici. Maintenant.

Libérés de toutes entraves temporelles.

Pour éviter que nos «plus tard…» deviennent des «jamais», faisons ces choses importantes… «maintenant».

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