Herr Nox est de retour avec Where Shadows Fade, album qui sortira ce samedi. Étant aux commandes de son vaisseau musical depuis 2017, il oeuvre en solitaire et s’entoure de talentueux collaborateur.trices. L’artiste fait preuve d’une grande rigueur : en plus de composer son album, il l’a enregistré, l’a produit et l’a mixé. Il a également fait le design de la pochette à partir d’une image du photographe allemand Christian Martin Weiss. Cette esthétique visuelle poussée (costumes, logos, vidéos, outils de promotion, etc.) est tout simplement remarquable.

Dans son premier extrait homonyme où il dénonce la brutalité policière, on pouvait déjà entendre qu’il se dirigeait vers le rock prog, et cela se confirme au fur et à mesure que ce nouvel album avance. Il est aussi fortement teinté de synthwave; Herr Nox semble porter une affection particulière à certains sons rétro, ce qui n’enlève rien au caractère moderne des chansons (on pense au groupe ontarien The Birthday Massacre, par exemple). Deux invités de marque s’ajoutent à ces chansons déjà bien étoffées : le saxophoniste norvégien Jørgen Munkeby (Shining, Jaga Jazzist, Ihsahn, Emperor), ainsi que Lindsay Schoolcraft (Antiqva, ex-Cradle of Filth), qui brille particulièrement sur la sexy Black Butterfly. Herr Nox incarne une créature ailée aux yeux complètement noirs dans le vidéoclip de cette chanson :

À l’image de son personnage de papillon noir, et malgré toute l’agressivité présente, sa musique est recherchée et délicate. C’est même soyeux; si on pouvait toucher cette suite de notes bien agencées, elle aurait la texture du velours noir. C’est glamour. C’est aussi pointu, comme des diamants intersidéraux, bleus, brillants; des émotions cristallisées, flottant dans l’espace avec grâce. Leurs contours effilés menacent de laisser une marque sur les doigts. 🩸

On constate que l’album est réalisé avec une approche vraiment différente de Stargazer (2018), mais que le chant est tout aussi diversifié. La pureté de son clean est vraiment définie (surtout dans The Art of Noise & Silence) et présage de belles choses pour le futur.

Lors de ses screams, l’artiste se promène parfois dans les extrêmes aigus. Il semble toutefois « se fâcher » un peu moins, ce qui adoucit le ton général de l’album, le rend un peu plus lisse et sophistiqué. Ces tons rêveurs s’agencent à merveille avec les substances un peu plus brutes et les guitares lourdes, un peu comme si on retournait la terre pour y trouver des matériaux riches. Élément tout de même rare dans le métal, le saxophone avive les braises de l’ensemble, sans jamais tomber dans le cheesy. 🎷

Tracklist de Where Shadows Fade

The Burning, pièce de 7 minutes et séparée en 6 actes qui semble parler de la mort de l’ego, est la plus notable. Avec ses textures éthérées, elle se dépose lentement sur les épaules comme un voile sombre. La cinématographique Kiss the Butcher’s Hand retient également l’attention et on y décèle des influences classiques.

L’édition numérique de Where Shadows Fade sortira le 5 février, à noter qu’un vinyle de couleur dorée (limité, numéroté et signé à la main) paraîtra également le même jour. ✨ Pour les fans de rock progressif , synthwave et métal, c’est un moment de volupté auditive à s’offrir au creux de l’hiver.