Amortissement luxueux

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Vue de mon super balcon!

Hier, de gros flocons duveteux et lourds ont tombé toute la journée, comme si c’était Noël en retard. Comme si la machine à fabriquer la neige avait compris son fonctionnement à retardement, et était toute déréglée. Des touffes cotonneuses ont tombé mollement sur les branches d’arbres, ainsi que sur toute autre surface sur laquelle elles pouvaient se déposer délicatement et sans bruit.

Tout était incroyablement feutré. Je plaignais les nombreux automobilistes enlisés en bordure des routes… Les gens déneigeaient leurs vitres, pressés comme s’ils devaient échapper à la mort. Ce matin encore, la neige ne cesse de tomber. Mais par contraste intense, un beau soleil se lève, et ce sentiment étrange d’«amortissement» m’a rapellé un texte que j’avais écrit l’an dernier.

Amortissement luxueux

Ma chère soeur, déjà tu t’endors
Sous ces vastes voûtes nimbées d’or
Épuisée de ce voyage qui t’ammenait ailleurs
Tu succombes bientôt au sommeil réparateur

Tu voyais d’ores et déjà, lancinants
Les trépas, et les chutes fracassantes des ans
Cette douleur qui sursaute, palpitante
En ton coeur ne cesse d’être latente

Tu ne pourrais fixer des idéaux plus ultimes
Que ceux qui ornent déjà tes gestes sublimes
Tu ne pourrais aller au-delà de ces avancées fulgurantes
Ton esprit connait déjà le chemin, tu n’es pas errante

Doucement, tu poseras enfin ta tête agitée
Permettant aux voix atroces de s’effacer
Tu laisseras tes lourds soucis à ton chevet
Comme absorbés par ton oreiller douillet

Avalées par ces fortifications de tissus somptueux
Ces pensées disparaîtront bientôt dans l’aube vermeille
Amorties par le confort de l’horizontalité, dans ce creux
Se créera un silence feutré, souvenirs évanouis de la veille

Tes traumas ne seront qu’évanescents, au petit matin
Tu constateras la belle impermanence des choses.
Alors, ma chère soeur, cesse de considérer le temps radin
Esquisse un sourire, avance, fonce, et ose!

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