Mon rituel d’écriture

Au travail! (Crédit photo: Camille Gladu-Drouin)

Comme le dit si bien Stephen King, si on ne demande pas à la muse de venir, elle ne viendra pas. Être (ou état!) immatériel parfois difficile à canaliser, on doit savoir l’apprivoiser et se souvenir de ne pas trop attendre après elle. Par contre, notre job, quand on écrit, c’est d’être bel et bien présent lorsque la muse cognera à notre porte! Alors, un rituel d’écriture est favorable au déversement de toutes ces pensées sur papier. Je vous parle du mien, qui inclut la musique, la respiration, l’habillement et le réchauffement. 

J’ai été inspirée par cet article parlant des rituels d’écriture, que j’ai lu au cours de l’hiver passé. Celui-ci m’a fait réaliser que j’avais besoin d’un certain rituel avant d’écrire. Le fait de poser certains gestes précis me rend plus productive. Bien entendu, ce n’est pas une science infuse, et chacun a ses propres trucs de préparation! Mais j’espère que vous y puiserez matière à réflexion afin de créer un ambiance propice d’écriture, que ce soit au niveau du travail, de la création, ou pour toute autre activité pour laquelle vous jugez avoir besoin d’un minimum de préparation avant de passer à l’acte. Alors, justement, plongeons!

Les sons de la transe

Premièrement, je crée un environnement sonore propice à l’« extraction du jus mental » ;). Je choisis de la musique que je connais déjà et qui n’est pas trop déconcentrante, sinon je vais me mettre à écrire là-dessus… 😉 En créant une trame sonore spécifique au moment, j’ai l’impression d’échapper à l’espace-temps. Cela augmente beaucoup la concentration, et je deviens même parfois dans un état total de flow, où je ne vois plus les heures passer. Quand je suis dans cet état, je peux écrire jusqu’à trois ou quatre heures! Aussi, certaines personnes se créent des playlists de durée déterminée, mais je n’ai pas vraiment cette rigueur…

D’ailleurs, parfois, le silence total est de mise – je dois être dans un état de réceptivité totale afin de bien « entendre » les mots tomber dans ma tête. Je mets même parfois du bruit blanc, afin d’éviter les distractions causées par les bruits extérieurs. Bref, tout cela sert à induire un état méditatif, qui, lorsqu’il est prolongé, s’approche d’une transe. C’est très intuitif; vous devez donc vous connecter à vous-même en premier lieu, c’est impératif! 😉

Souffle créateur

Pour bien écrire, je dois aussi être capable de bien respirer. Ça peut sembler anodin, mais ça fait toute une différence d’oxygéner le cerveau… Donc, des exercices de respiration sont de mise. Celui que je trouve le plus efficace est le 5-5-5, où on doit inspirer pendant 5 secondes, expirer pendant cette même durée, et retenir le souffle ensuite. Il existe aussi le 4-7-8. Pour faire cela, on peut placer les mains en prière, ou faire une posture de yoga (de base), si ça nous convient. Mais gardons les choses simples: connectons-nous à notre souffle. Aussi, si je suis chez moi, je fais souvent brûler de l’encens ou de la sauge. En plus de purifier l’air, cela crée une atmosphère spéciale, dédiée à ce moment!

On the go! (Crédit photo: Camille Gladu-Drouin)

Le costume de l’artiste…

Même si, dans mon cas, l’écriture est un travail d’hermite, l’apparence que j’ai influence directement sur le résultat! Travailler en pyjama, très peu pour moi… Ceux qui sont efficaces pour travailler «en mou» me fascinent. J’ai réalisé un jour que le style vestimentaire change ma façon d’écrire. Si je me sens paresseuse, ma plume risque de le devenir aussi! 😉 D’ailleurs, c’est peut-être un peu superficiel, mais j’aime bien me faire une manucure avant d’écrire sérieusement. Après m’être peinturé les griffes, je suis dans un état de gratitude pour mes outils de travail: mes mains!

Se préparer au sport de l’écriture

L’idée, c’est vraiment d’implanter une rituel qui deviendra une habitude. Pour allumer un feu, on doit frotter des roches ensemble; pour trancher des aliments, ou doit aiguiser des couteaux. Côté physique, des gestes pour littéralement réchauffer les mains sont très utiles (secouer les mains, les frotter ou faire un massage léger par exemple). Côté mental, il s’agit de s’exercer à clarifier notre pensée, afin de pouvoir coucher des mots sur papier. Cela peut être réalisé de plusieurs façons.

On peut se préparer en faisant des jeux d’écriture, comme écrire de la main qu’on n’écrit pas habituellement, ou écrire à l’envers, ou les yeux fermés… Tant que c’est le fun 😉 Écrire à la main, sur du vrai papier, rend l’acte d’écrire encore plus viscéral. Aussi, je tiens un journal quotidiennement. Allons au-delà des clichés de «jeune fille qui écrit son journal intime», car cette pratique m’a permis de me retrouver en tant qu’auteur, et c’est ce qui m’a ouvert la porte à la possibilité de vivre de mon écriture. Bref, la discipline quotidienne exerce mes muscles d’écriture, afin qu’ils soient toujours prêts. Comme avant de s’adonner à tout sport ou toute pratique d’un instrument de musique, un warm-up s’impose!

Ça vaut la peine d’explorer. (Crédit photo: Roxane Labonté)

Et quand la muse arrive à un moment inopportun?

Ceci étant dit, l’inspiration me trouve parfois à des moments étranges, alors qu’aucune de ces conditions ne soient réunies… Étranges mécanismes! Durant ces brefs moments, où je sens que je DOIS écouter et laisser galoper librement l’animal qui rugit en moi, toutes les conditions ci-dessus, (soi-disant nécessaires), prennent complètement le bord! C’est assez déroutant. J’apprends ainsi à écrire de n’importe où, en m’adaptant à la situation – comme si j’avais une plume tout-terrain ;). Par exemple: assise sur un banc de parc en plein milieu de la nuit, dans une auto où je dormais en Islande, pendant un show métal installée sur une petite table de bar, sur un muret à une intersection nowhere à Tel-Aviv, ou durant de nombreux trajets de bus, de train ou de covoiturage, etc… Ma muse me souffle les mots exacts à écrire, peu importe où je me trouve.

Et voilà! À mardi prochain pour d’autres trucs de productivité! 🙂

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