Procrastination: refuser d’embarquer à bord du Grand Véhicule Chronophage

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Procrastination, quand tu nous tiens dans tes griffes absurdes… À la manière d’un pantin un peu evil, tu nous fais croire que ce qu’on doit faire n’est pas si urgent, et que le plus important en ce moment, c’est d’aller regarder un vidéo de chat cute ou d’aller sur Facebook sans but. Vous connaissez la chanson. Vous savez que vous devez faire telle ou telle activité, mais… Pourquoi ne pas aller faire un peu de lavage? Tiens, peut-être aller prendre une marche? Ou encore, écouter une émission? Un petit ange sur une épaule, un petit démon sur l’autre… La chose qu’on doit faire, et les milliers d’autres qu’on POURRAIT faire à la place. Oui, c’est tentant. Mais pourquoi est-ce qu’on fait ça? Et si, d’ailleurs, la procrastination s’étendrait à plusieurs domaines de notre vie? C’est très troublant de réaliser cela, lorsque par exemple on sait qu’on a une décision importante à prendre. Comment dompter la petite bête frivole de la procrastination, et sortir de cette spirale subtilement teintée de remords?

«Embarquerez-vous à bord?»

Faisons une petite analogie. Madame Procrastination, c’est la gardienne d’un Grand Véhicule Chronophage, inutile mais tentant, dans lequel on entre compulsivement. C’est la chauffeuse de ce véhicule immonde, qui nous invite à monter à bord avec ses yeux presque pervers. Une force aliénante – plus forte que tout, semble-t-il – nous pousse dans toutes les directions et distractions possibles. Cela nous éloigne du but qu’on s’était pourtant fixé. Pourquoi ce qui est vital et essentiel est remis à plus tard, en ce moment? Mademoiselle Culpabilité, passagère qui nous accompagne dans ce petit voyage débile, nous lorgne sans cesse en nous faisant mille reproches, et on essaie le plus possible de l’ignorer. Et, finalement, ce qui fait avancer le véhicule sur les routes cahoteuses, c’est L’Espoir de la Dernière Heure, alias sa jumelle, Adrénaline.

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Une roue grinçante qu’on fait tourner… (Crédit photo: Roxane Labonté)

En fait, on doit se réveiller, sortir de notre torpeur. Il s’agit d’un choix! Soyons maîtres de nos vies: décidons de nous CONCENTRER. De ne pas céder à cette fausse tentation d’embarquer dans ce véhicule déglingué. Car attention! Lorsqu’on prend place sur ces sièges bringuebalants, qui nous emportent ailleurs qu’à l’endroit où on doit être, on en sort rarement indemne. Je ne veux pas over-dramatiser ici, mais pensez-y bien. Combien de moments de procrastination, empilés les uns sur les autres, vous éloignent de vos rêves? De ce qui est le plus important pour vous? Vous ne voudriez tout de même pas être distraits de votre… mission? *voix du Capitaine Charles Patenaude* 😉

À mort les distractions

Je crois que la règle d’or pour bien se concentrer, c’est de couper toutes les distractions. Cela est ardu, car dans notre monde technologique, nous sommes constamment bombardés de courriels, de messages textes, de toutes sortes de notifications pas toujours utiles à notre survie… 😉 Alors, on ferme le téléphone et la télévision! Pas de Youtube, ni de Netflix, ni de réseaux sociaux durant ce temps! Par exemple, lorsque je veux terminer un article en deux heures, je prends les mesures nécessaires pour y parvenir, coûte que coûte. Comment gérer alors toutes nos communications avec le monde extérieur? Le plus efficace, selon moi, est de travailler en batch (appels, courriels, planification). En dédiant une période de temps précise à cela, on peut avoir la tête libre après pour bien travailler. C’est bien beau tout ça, mais comment assurer une concentration accrue?

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L’empilage des projets remis à plus tard (Crédit photo: Roxane Labonté)

Comment reprendre le contrôle?

Vous est-il déjà arrivé de travailler cinq heures sur un projet, mais d’avoir l’impression de tourner en rond, de ne pas arriver à vos objectifs? Vous faites continuellement des erreurs, mais vous vous entêtez tout de même? Arrêtez tout! Vous avez simplement besoin d’une pause, ou d’une autre manière de travailler.

Depuis que je suis freelance pour mes projets d’écriture, j’aime bien utiliser la méthode Pomodoro. Ça sonne bien, n’est-ce pas? 😉 Celle-ci consiste à travailler par blocs de 25 minutes, suivis d’une pause de cinq minutes. Après deux ou trois blocs de travail, on prend une pause plus longue, soit 10 ou 15 minutes. On pourrait comparer le Pomodoro à l’entraînement par intervalles à haute intensité (HIIT). Cette façon efficace de travailler aide donc les athlètes du cerveau à avoir les idées claires, et c’est un excellent outil pour avoir le dessus sur la procrastination. Voici d’ailleurs un exemple d’un timer Pomodoro en ligne. Essayez-le, ça vaut la peine!

Par ailleurs, s’il m’arrive d’avoir moins de motivation pour un projet en particulier (ce qui arrive rarement!?), j’utilise la technique du «hamburger», mais inversée. Je commence par faire la tâche pour laquelle j’ai le plus d’enthousiasme à ce moment-là. Ensuite je m’attaque à celle qui est plus difficile, et finalement, je reviens à la première (ou j’en commence une autre, c’est selon). C’est un peu le contraire du traditionnel «mange tes légumes avant le dessert», mais… Je trouve que c’est plus le fun, car on débute une session de travail avec ce qu’on aime le plus. 🙂

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On doit faire le ménage ici-bas! (Crédit photo: Roxane Labonté)

L’origine de nos maux et les degrés de la procrastination

Encore une fois, sans vouloir créer de drame, je crois que la procrastination prend ses racines dans le stress, et aussi l’estime de soi. Lorsqu’on se sent dépassé par les événements, nous pouvons avoir le goût de fuir ce qui nous tenaille les entrailles (beau jeu de mots…). Souvent, on procrastine pour des situations aussi mondaines que de remettre un travail à temps, ou des choses précises ayant rapport à notre travail, des enjeux qui nous tentent moins. Mais ça peut devenir assez vite dangereux…

Je vous explique. Les petites choses peuvent devenir grosses. On peut se retrouver à procrastiner pour les décisions importantes de notre vie. Que ce soit la poursuite d’une passion, la fin (ou le commencement!) d’une relation, le besoin d’un nouveau travail, Mme Procrastination et Mlle Culpabilité se foutent de l’importance des enjeux. Elles se présentent, et on doit décider d’embarquer avec elles ou non. C’est quand ça devient un réflexe qu’il y a matière à questionnement… Si vous vous sentez dévier de votre trajectoire, demandez-vous: suis-je au bon endroit? Pourquoi je suis rendu ici? Est-ce réellement utile à ma vie, vital à mes connaissances?

En gros, quand on procrastine, on s’effraie soi-même. On remet des choses très importantes à plus tard, et en s’occupe pour ne pas y penser – c’est malsain. Et là, on veut s’éloigner du gros épouvantail (qu’on a pourtant construit nous-mêmes! 😮 ) qu’on a sous les yeux… C’est pourquoi on clique ailleurs, on fait subitement la vaisselle, on va dehors, on va magasiner même si on a besoin de rien, on va voir compulsivement les derniers statuts Facebook, sans trop y penser… Bref, on tourne autour du pot. On fuit.

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Tant de portes par où s’enfuir… (Crédit photo: Roxane Labonté)

La «procrastination proactive»

Par contre, je pense qu’il peut être sain de procrastiner un peu; cela permet quelques fois de devenir un peu plus méditatif, de s’éloigner de l’action, ou d’un trop-plein mental. Quand on a besoin de clarifier nos idées, il est tout à fait normal de vouloir changer de décor ou de tâche. On doit toutefois se demander si cette procrastination est «efficace»! Les gens qui travaillent bien sous pression développent une sorte de «procrastination proactive»; ils savent qu’au dernier moment, ils seront hyper efficaces, n’ayant plus le choix de finir le travail à ce moment-là. Mais cela peut se révéler à double tranchant, et mettre notre santé en jeu; le jus requis pour travailler sur l’adrénaline nous fatigue très rapidement. On ne peut pas se fier sur l’espoir de la dernière heure en tout temps! 😮

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Tant de choses s’accumulent (Crédit photo: Roxane Labonté)

Vous avez bel et bien les ciseaux pour découper votre temps!

On aimerait bien pouvoir dormir une nuit complète sans avoir à stresser et à tout faire au dernier moment, mais… On le fait pareil. Pourquoi? Car on se dit qu’on a le temps. Il existe une loi non-écrite (la loi de Parkinson!) stipulant que plus on aura de temps pour faire une tâche, plus on prendra de temps pour l’accomplir. Je suis tout à fait d’accord avec cela. Prenons un autre exemple: faire ses valises lorsqu’on va en voyage. Plus on a d’espace, plus on va remplir nos valises! Alors que si on a un espace réduit, on s’adaptera à celui-ci. Il en est de même avec le temps! 😉

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«Lever le « hood »» pour trouver le problème (Crédit photo: Roxane Labonté)

On peut voir le temps comme une gigantesque courtepointe, dont on attache plusieurs tissus (disparates ou pas) ensemble. Si on fait un petit effort pour prévoir son temps à l’avance, moins on sera «pris à la gorge» (chose très absurde, c’est très souvent notre propre main qui nous étrangle!). Alors, cessons d’être si masochistes. Avec un peu de planification et une bonne gestion de nos priorités, on peut déduire assez rapidement ce qui doit être fait maintenant ou plus tard (pour vrai là! 😉 ) À travers cela, on doit apprendre à écouter notre petite voix. L’intuition nous guide de façon très savante, un peu comme un compas. Fiez-vous à elle! Plus concrètement, un agenda hebdomadaire s’avère indispensable, afin de déterminer À L’AVANCE (oui, je mets beaucoup de majuscules dans cet article…) les plages de temps où on pourra se consacrer au travail qui doit être fait.

Dire adieu à nos épouvantails!

Entre-temps, peut-être qu’on découvrira des choses intéressantes sur nous. Qu’est-ce la procrastination nous envoie comme message? Qu’est-ce qu’on tente de fuir? Souvent, des peurs inconscientes nous empêchent de nous lancer dans l’action. Apprenez à identifier vos épouvantails internes, et plus jamais vous ne rembarquerez dans les machinations de Mme Procrastination et de son véhicule infernal – et son alliée Mlle Culpabilité disparaîtra également.

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C’est déjà un peu plus allégé, n’est-ce pas? (Crédit photo: Roxane Labonté)
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