De retour en Islande en plein hiver!

Au centre-ville de Reykjavik.   (Crédit photo: Roxane Labonté)

J’ai entendu l’appel, et j’ai choisi d’y répondre à nouveau – celui du tonnerre, du silence des déserts, du craquement des icebergs, de la pluie battante et des vagues de l’Atlantique… Un rythme sauvage, régulier, comme celui d’une percussion lointaine mais réellement tangible.

Pourquoi l’Islande?

Pourquoi ce pays? 😮 L’Islande est un peu comme une rock star: photogénique, imprévisible et explosive. Elle est spectaculaire dans tous ses extrêmes. Complexe et simple à la fois, elle est une vedette qui sait se faire belle, vivant dans la démesure et les contrastes.

Et pourquoi maintenant? Écrire des articles de blogue sur le pays a rallumé une flamme en moi. J’ai lu beaucoup sur l’Islande, étant envahie par une telle une soif d’apprendre… Et ce qui m’attire là-bas est tellement fort que ça anéantit toute parcelle de peur. C’est presque comparable au besoin que j’avais d’être sur scène et de jouer des tounes avec mes groupes… C’est stressant, j’ai un peu peur, mais je sens que je n’ai «pas le choix»! 😮 Urgence d’agir, aimant qui m’attire – boussole interne pour me retrouver. Je dois suivre cela. Je me suis aussi beaucoup immersée dans cette culture et j’ai presque l’impression d’en faire partie. D’ailleurs, je vis un très bon exemple d’hospitalité: pour quelques jours, je suis hébergée par un ami que j’ai rencontré lors de mon précédent voyage. Mon hôte m’a dit qu’il avait une dette de Couchsurfing à repayer… Gratitude immense!

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Rivière Elliðaár, près de chez mon hôte  (Crédit photo: Roxane Labonté)

Redéfinir l’exotisme

Je suis peut-être à contre-courant, mais pour moi l’exotisme, ce n’est pas le Sud; en fait, c’est même l’inverse. Tout ce qui est scandinave et provient du Nord en général m’a toujours vraiment inspirée. Les paysages surnaturels portant des noms comme Borgarfjörður, Dimmuborgir, Reynisfjara… Les descendants des Vikings qui s’appellent Ragnar, Thor, Freyja, Askja, Sólmar, Björg, Sigur… Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fascine. Bref, tout cela résonne en moi comme les cloches de mille cathédrales m’invitant vers ces contrées somme toute pas si lointaines.

Mais pourquoi aller au nord du Nord en plein hiver?!

Attention: le climat là-bas n’est pas si «arctique» qu’on puisse le penser! Malgré l’appellation anglaise (Iceland), dans ce pays qui semble recouvert de givre perpétuel, il fait plus chaud qu’au Québec! 😮 quand je suis sortie de l’avion, ce qui m’a frappée, c’est d’abord la pureté de l’air frais. Il pleuvait, et ça sentait le printemps! Il n’y avait aucune neige. Grâce à l’influence du Gulf Stream, le climat est plutôt doux, même l’hiver. En ce moment, par exemple, les températures vont de -6 à 7 degrés pour la semaine qui vient, comparativement aux -4 et -19 annoncés dans la Belle Province. Ce n’est vraiment pas un pays constamment sous les flocons, même si le cercle polaire traverse le pays sur l’île de Grímsey (au parallèle 66°Nord).

D’ailleurs, dû à la latitude élevée du pays, les jours d’hiver sont très courts, voire baignés d’une noirceur presque totale. Par exemple, en ce moment, le soleil se lève à 11 heures et se couche vers 16 heures… Ouf, c’est vraiment endormant, ce manque de lumière. En plus du décalage horaire, ça «magane» l’esprit! 😮 En été, pendant quelques jours, c’est l’inverse: les journées sont infinies. On peut alors visiter l’Islande sous le soleil de minuit. En 2017, j’avais été visiter le site du Geysir vers 23 heures!

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Devant le magnifique Blesi, sur le site de Geysir – 2017  (Crédit photo: Roxane Labonté)

Maintenant, parlons un peu des extrêmes… Il y a de fortes valeurs de patience et de travail, le fait d’être près de la terre et vivre à un autre rythme de vie plus lent que celui des grosses villes. Une sorte de sagesse, une spiritualité léguée par les plus vieux… Et un lâcher-prise face aux éléments qui peuvent se déchaîner à tout moment. On voit aussi un côté sophistiqué à l’Islande: définitivement high-tech, on prend note du design nordique en général, et de la façon de vivre très adaptée au climat rigoureux. Je trouve le pays vraiment avancé au niveau environnemental et humain (on pense géothermie, options véganes presque partout, bien-être mis de l’avant avec les spas et les piscines).

On dit aussi que l’Islande est un des pays les plus pacifiques de la planète –  il possède un taux de criminalité exceptionnellement bas (moins de deux meurtres par an!), et seulement cinq prisons. Pas le temps de s’entretuer quand le prochain stress est une éruption volcanique imminente…

Jour pluvieux mais paisible dans le centre-ville de Reykjavik  (Crédit photo: Roxane Labonté)

Une autre planète

L’Islande, pour moi, c’est donc la somme de tous ces «contrastes équilibrés», et du plus grand que nature. Les espaces vides, mais un énorme sentiment d’appartenance. Contemplation et action. Douceur et forces de la nature. Feu et glace. Lumière et noirceur. Volcans recouverts de neiges éternelles. Déserts et montagnes… C’est une autre planète. Ou peut-être que c’est l’espace, comme en témoignent les nombreux films qui ont été tournés là-bas (Interstellaire, Tomb Raider, James Bond, Star Wars – The Force Awakens et Rogue One, La Vie rêvée de Walter Mitty…).

Aussi, dernier élément un peu cocasse et non-négligeable: je me sens parmi mes semblables?! 😮On dirait que je suis reliée aux islandais… Solidarité, compassion, chaleur humaine font en sorte que le pays m’accueille dans ses bras comme une amie perdue de longue date. Je ne suis pas vraiment dépaysée,  même si autour de moi la langue est différente. Tout m’est étrangement familier. La suite bientôt!

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Les montagnes devant la maison de mon hôte… Je suis plus que choyée.  (Crédit photo: Roxane Labonté)

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