Pourquoi je vais à Tel-Aviv: coup de coeur pour la « Bulle »

C’est irréel. Vol numéro TS272, 10 heures 25 minutes. Ça y est, c’est officiel: je décolle pour Tel-Aviv aujourd’hui! Après de déchirantes tergiversations entre plusieurs pays, mon choix s’est arrêté sur l’Israël. Je ne connaissais que trois choses sur ce pays: la guerre, la religion, le groupe Orphaned Land (et, aussi, Zac dans le film québécois C.R.A.Z.Y.). Qu’est-ce qui m’a poussée à aller à Tel-Aviv? Je me suis amusée à créer une « auto-entrevue », en reprenant les principales questions que les gens me demandent depuis que je leur ai fait part de ma destination voyage, qui peut paraître inusitée. Voici donc le résultat de ce Q&R!

Note: en lisant ce qui suit, je vous invite à écouter cette chanson d’Aznavour…

« Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil »

Donc. Tout ce que je savais d’Israël se résumait à trois choses:

C’est la guerre là-bas

(Crédit photo: boojum.fr)

Pas très jojo ni attirant.

C’est un des berceaux de la religion

Les deux côtés de la médaille (Crédit photo: Roxane Labonté)

Et pourtant, je ne suis pas spécialement religieuse…

Le groupe Orphaned Land

Je suis une fan finie des sonorités moyen-orientale. J’ignore la provenance de cet attrait; mais c’est quelque chose qui se ressent, simplement. J’ai découvert Orphaned Land il y a quelques années, dans le documentaire « Global Metal » (par l’anthropologiste Sam Dunn), et j’écoute ces musiciens telaviviens depuis. J’ai d’ailleurs vraiment apprécié leur passage à Montréal. Le groupe se proclame pro-paix, voulant la réconciliation entre les deux peuples en guerre.

(Crédit photo: spark-rockmagazine.cz)

Optionnellement… Zac (Marc-André Grondin) était allé à Jérusalem dans le film C.R.A.Z.Y., et ça m’avait marqué?!

Le personnage incarné par ce bel homme avait voyagé dans le désert…

Euh… ok. Mais c’est quoi le rapport? Pourquoi aller là-bas?!

J’ai eu la même réaction, lorsque Arnaud [Nobile, de atuvu.ca] m’a parlé de son voyage en Terre Sainte: ce n’est pas « un peu » dangereux, d’aller là-bas? Ce à quoi il répondit un peu platement (et avec raison) que les malheurs peuvent arriver n’importe où; que l’on aille à Toronto, ou ailleurs… En effet, Paris, Stockholm, Londres; où est-on réellement en sécurité, désormais, même si ces destinations sont populaires?

Je comprends toutefois que Tel-Aviv n’est peut-être pas la première idée qui vient en tête, alors qu’on parle de séjour à l’étranger. Mais des attentats peuvent même arriver ici même, à Montréal, alors qu’on se croit intouchable… Les tragédies ne choisissent pas vraiment leurs lieux géographiquement. La sécurité totale est un peu une illusion. Mais tout de même, je vous rassure: je n’irai pas me « sacrer » dans la Bande de Gaza, je ne prendrai pas de risques inutiles et je n’aurai pas de comportements innapropriés. C’est bon? 😉

Tel-Aviv (Crédit photo: Lonely Planet)

Mais… Quand même?

Après qu’Arnaud m’ait parlé brièvement de son voyage, j’ai été curieuse d’en savoir plus et j’ai lu sur Tel-Aviv et comment on y vit. J’ai simplement été séduite par le progressisme de cette ville atypique, à mille lieues de Jérusalem… vraiment plus conservatrice, disons!

On la dit moderne, voire même très high-tech (et somme toute, américanisée), trendy, cosmopolite… Work hard, play hard: cette citation résume à merveille Tel-Aviv. On dit d’elle qu’elle est un peu à part de tous les problèmes l’entourant, d’où son surnom de la « Bulle ». L’Israël est entouré de l’Égypte, la Jordanie, le Liban et la Syrie; pas les endroits les plus joyeux au monde – du moins, selon les médias. Mais on raconte aussi que Tel-Aviv est une cité de liberté, qui fait la fête sans arrêt; une sorte de New York européen. Une ville « de gauche », où les droits de la communauté LGBT sont plus que respectés, et un paradis pour les végétaliens. Un oasis de paix au beau milieu de confilts qui perdurent.

En gros, j’ai envie d’aller voir comment ça se passe là-bas, au-delà des images propagées par les médias de masse. Un goût étrange d’aller respirer l’air de cette ville bordée de plages de la Méditéranée. Toute une opposition avec mon voyage de juin 2017: le pays de la glace contre le désert! Le froid contre le chaud…

D’ailleurs, je ressens une étrange affinité avec les gens du désert, sans comprendre pourquoi, ni d’où ça vient. Je me reconnais dans ces nomades, moi qui ai tant déménagé souvent… Ça doit avoir un lien?! 😉 C’est aussi le besoin de vivre quelque chose de nouveau, et de complètement déstabilisant. Mon côté aventureuse a besoin d’être nourri; je dois connaître et comprendre…

(Crédit photo: tripadvisor.fr)

Ok, peut-être… Mais arrête un peu avec tes palabres un peu trop ésotériques!… Que vas-tu faire là-bas au juste? Comment de temps tu vas rester? 

J’y vais pendant deux premières semaines en juin, afin d’être revenue pour l’entrevue finale de sélection du programme Jeunes Volontaires, à la fin du mois.

Je vais explorer la « Bulle » à pied, afin de découvrir les quartiers. Aussi, je prévois travailler; ce ne sera pas la fainéantise absolue, car je veux absolument écrire sur ce qui se passe à Tel-Aviv, que ce soit pour baronmag.com ou pour mon blog! Je vais aussi prendre des photos, écrire des poèmes pour le projet sus-mentionné… Je vais même peut-être tenter de sortir de ma tête, un peu… Peut-être… 😉

Bon. Je vois. Et avec qui tu vas à Tel-Aviv?

J’y vais avec mon sac à dos! Je suis un animal sauvage qu’on va laisser sortir de sa cage. Comme mon expérience en Islande me l’a révélé, voyager seule apporte tellement de liberté! Et pour la créature solitaire et farouche que je suis, le compagnon idéal de voyage n’existe pas vraiment — du moins, je ne l’ai pas encore trouvé, et je ne veux pas avoir à attendre après les gens pour partir.

Pour résumer le tout, voici un court poème rédigé il y a quelques semaines, qui exprime à merveille comment je me sens.

Lorsqu’on se sent destiné à être un cheval sauvage
On doit s’éloigner de notre éleveur
même si on a l’impression de mordre la main qui nous nourrit

Car on serra nourri ailleurs
Les chevaux sauvages ne sont jamais laissés à eux-mêmes
Ils sont toujours bien accueillis dans d’autres contrées

Ils peuvent même rencontrer, au gré des promenades dans l’herbe grasse
D’autres animaux de leur espèces, chevaux de leur trempe
Qui font fi des standards, des résignations et des carcans sociétaux.

Mais… dernière chose: ça ne te fait pas peur, d’y aller seule?

Présentement dans l’aéroport, je prends des grandes respirations, et je me rapelle cette citation tirée d’un des excellents romans de l’auteur et journaliste français Michel Moatti:

Tu te diras que ces corps ne sont que des images 
Tu avanceras parmi elles et tu n’auras pas peur

Voyager seul(e) ne devrait pas être tabou, mais c’est quelque chose d’incroyablement incompris, car beaucoup de gens associent voyage avec famille et amis. Mais la solitude n’est pas indissociable du voyage, loin de là! J’élaborerai plus là-dessus sur un prochain article, car beaucoup de gens m’ont posé cette question. 🙂

Aussi, je dois préciser que j’apprécie vraiment l’appui de mon entourage – beaucoup m’ont dit que la ville doit être très belle et intéressante à visiter. Peu de gens m’ont dissuadée d’aller vers cette destination a priori incongrue… Et j’ai un peu écrit cet article pour eux! Somme toute, suis-je si « folle » de vouloir aller à Tel-Aviv?! 😉

(Crédit photo: femmeactuelle.fr)

*Note: je n’ai pas d’affiliation pour les liens mentionnés…

Partagez cet article!

6 Comments

  1. Y a rien comme aller voir par soi-même. On ne peut tout expliquer. L’attirance pour un pays est un appel puissant si on veut bien écouter. J’ai eu le même pour l’Angleterre et l’Irlande. Je suis bien chez les celtes 🙂 Si le désert et les nomades t’attirent, c’est que tu fais partie de tout ça. Le pourquoi importe peu. Mon côté maternel voudrait que tu choisisses des régions moins tourmentées, mon côté rebelle salue ta liberté et mon côté ésotérique comprend la quête. Godspeed ! 🙂

    1. Wow merci! C’est super de te lire 😉 Tu as raison, à quelque part, ça doit faire partie de mon identité… Je découvrirai pourquoi en arpentant la Ville!

  2. Bon voyage Roxane! Je suis heureux de t’avoir donné envie de découvrir Tel-Aviv. Tu vas voir, tu vas te croire autant en sécurité qu’à Montréal. Profite aussi pour essayer d’autres coin d’Israël. Il y a tellement à voir. Je vais suivre ton périple avec grand plaisir!
    ARNAUD

    1. Désolée, j’avais complètement manqué ton petit message. Il ne me reste qu’un jour ici, et vraiment, ce fut un très bon choix de venir en Israël. Merci de m’avoir inspirée 🙂 Je suis allée à Jérusalem, ainsi qu’à la Mer Morte, et j’ai fait un safari dans le désert de Judée. C’était incroyable 🙂

  3. Cherche pas trop le **pourquoi** … parce que ça ne demande que l’intervention du mental qui ne fait que comparer. Ton attirance vers ce pays a un lien avec le cœur. C’est avec lui qu’il faut voir et tout deviendra magique 🙂 Le **pourquoi** n’a pas toutes les réponses. Comme l’Islande, tu visites un endroit qui n’a rien de commun avec ton pays. Repère les endroits qui t’inspirent et prend le temps de laisser ton âme s’imprégner de la vibration 🙂

    1. En effet, tu as totalement raison. Là, il ne me reste qu’un jour ici, et je comprends pourquoi je suis venue. Un peu comme un autre voyage initiatique… J’apprends tellement de choses sur la confiance, le travail, la communication. Pas de meilleur moyen pour apprendre 🙂

Leave a Reply