Seule en Islande – Jour 2

Voyager seule quand on est une femme est un réel défi. Je vais partager ici mon voyage en Islande, en très gros résumé. Il est transmis au présent, et en «différé», car je n’avais pas Internet là-bas. J’ai écrit une soixantaine de pages, alors… patience! Voici le premier jour. Au menu : confusion, fatigue, frustration, puis finalement, débrouillardise, émerveillement et réconfort!

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On distingue un champ de Nootka Lupin même du haut de l’avion!

20 juin – 5:00
L’arrivée et l’emplacement du véhicule

Au préalable, j’ai loué mon véhicule sur ce site : http://carrenters.is/. Donc, après avoir atterri, je dois prendre un autobus pour me rendre à Reykjavik, où le CRV en question est censé m’attendre. En trajet, je reçois un e-mail du locateur qui me dit qu’il n’est pas à Reykjavik, mais bien dans une autre ville… Alors je demande au chauffeur du bus, mais trop tard! Il me dit qu’on a déja dépassé la dite ville, et que je devrai prendre un autre bus pour y retourner!

Alors, je m’y rends, mais le CRV ne ressemble pas trop à la photo… Il est vraiment rouillé et le propriétaire m’annonce nonchalamment que la porte côté conducteur ne se barre pas. VRAIMENT?! Et qu’est-ce que je peux y faire? «Nobody breaks into cars in Iceland, you’re safe», m’assure-t-il, tout sourire. Disons que je me concentrais sur autre chose, quand j’essayais de m’endormir avec cette pensée un peu trop magique… J’aurais bien pu être dans le trouble, mais il ne s’est rien passé. Fiouf!

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Ma maison pendant 10 jours!

Qu’est-ce qui m’a pris?!

Bon. Une fois arrivée à Reykjavik, au volant, je suis irritable, déconcentrée, énormément fatiguée et un peu apeurée. Et c’est alors que je me pose l’ultime question… Qu’est-ce que je fous ici?!

La conduite est un peu difficile ; je n’ai jamais conduit de véhicule où le bras de vitesse est au volant et non entre les deux sièges avant. Et je ne peux pas voir en arrière (à cause de mon lit, qui est un peu surélevé) – mais il y a deux gros miroirs, au moins. Ça m’a pris du temps avant d’allumer que les panneaux triangulaires étaient des «stop» – oups! Je me suis excusée mentalement à plein de personnes… Réveille, man! La fatigue est dangeureuse…

Mais pourtant, dans l’ensemble, tout va bien ; j’ai réussi à comprendre comment mettre du gaz et acheter de la bouffe. Ce matin (je suis arrivée au pays vers 5:00), j’ai dormi dans le stationnement d’un dépanneur… Meh! Ça fait bizarre de ne pas vraiment avoir d’endroit où poser ses valises. J’espère que ce sentiment finira par s’estomper…

En fin de soirée, je suis allée manger dans un super bon restaurant végane qui s’apelle Gló, sur la rue commerciale/touristique principale, Laugavegur. J’en ai profité, avant de passer la semaine en mode «survie»! Marchant sur une rue au hasard, je suis tombée sur le Kaffi Vinyl, auquel je voulais justement aller. Il y avait une fille tout de noir vêtue qui chantait en espagnol, accompagnée de sa guitare acoustique. Son set était à la dernière chanson quand je suis entrée. Dans ce charmant petit café végane, j’ai pris une tisane (ouais, je suis économe…) et j’ai regardé un peu mon guide touristique pour demain.

Jalouse des hostels! …

C’est vraiment «gossant» de devoir aller aux toilettes dans des commerces, en essayant d’être furtive… J’envie tous ceux qui logent dans des hostels en ce moment, pour avoir accès à une cuisine complète et une salle de bain. C’est tellement plus «cozy»! Maudit! Je suis vraiment inconfortable, pourquoi j’ai décidé de faire ça, moi qui déteste le camping?! Je ne comprends pas ma propre décision! Au moins, j’ai réussi à m’organiser décemment, par rapport au sleeping bag et au lit, et ce dernier est vraiment chaud! Donc c’est au moins ça dans ma vie de m…!

Pour changer de mood, je suis allée faire une brève visite dans la partie Hafnarhús du Reykjavík Art Museum, où une exposition de l’artiste multi-disciplinaire Ragnar Kjartansson avait lieu. Entre autres, une performance-installation d’art contemporain, qui a complètement fucké mon cerveau endormi. Une drag-queen, sur une plateforme blanche circulaire, faisait résonner un seul accord de guitare à des intervalles précis de 30 secondes. Il y avait aussi des artefacts appartenant à Hitler, que Kjartansson aurait apparement achetés… Troublant.

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L’entrée du Reykjavík Art Museum!

Les secondes passent, le temps s’allonge, et s’égrène… Je ne suis pas seule ; j’ai des livres et mon stylo! Je ne manque de rien, mais c’est quoi, déjà, des contacts humains?! Seule dans un pays où je connais fuck all et personne…

21 juin – 00:00
Le soleil de minuit réconfortant

Il est minuit, et il fait un peu plus noir, comme si le jour tirait ses couvertures pour une petite heure… On dirait que l’aube pointe son nez – ou serait-ce l’aurore? C’est tellement étrange et spécial, et je devrais dormir… Pleine de gratitude et très émotive, je constate que je suis bel et bien en voyage – et que je dois en profiter! Tout est si magnifique.

Bref, je vais (déjà!) quitter Reykjavik. Ce fut un plaisir d’y arpenter ses étroites rues pittoresques et romantiques, m’imaginant être dans un petit village hipster… Je commençais à m’habituer à mon stationnement, y retournant pour manger et dormir! Pareil à un hostel mobile, mais sans commodités de base… Dire que j’ai réussi à être stationnée dans le centre-ville de Reykjavik pendant 2 jours sans payer! J’ai été très chanceuse de ne pas me faire achaler, aussi…

Donc, je me dirige ailleurs. Je me sens étrangement bien, entourée, supportée… Comme si je serais tombée dans un gros filet très résistant. Juste l’Islande et moi – une vagabonde un petit peu malpropore, à la recherche de quelque chose d’indéfinissable…

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